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"JOURNÉE
DE LA PHOTO"

Espace Vasarely - Dimanche 1er Mars 2015

Antony célèbre la Journée de la Photo… et personne n'en sort tout à fait net.
Il existe des manifestations culturelles où l'on vient écouter de la musique, admirer des tableaux ou découvrir de jeunes talents. Et puis il y a la Journée de la Photo à Antony, où plusieurs centaines de personnes se réunissent pour débattre pendant un quart d'heure de la différence fondamentale entre f/2,8 et f/4. L'humanité est ainsi faite : certains cherchent le sens de la vie, d'autres le piqué parfait.
Notre club photo y expose ses meilleures images. Les meilleures, c'est-à-dire celles qui ont échappé à cette redoutable sentence : « Elle est très belle… mais je l'aurais cadrée autrement. » Une phrase que tout photographe entend au moins une fois dans sa vie, généralement prononcée par quelqu'un qui n'était pas là au moment de la prise de vue. Chaque photographie raconte une histoire. Enfin… presque. Certaines racontent surtout qu'il fallait se lever à cinq heures du matin, attendre trois heures dans le froid et revenir bredouille quatre fois avant que la lumière accepte enfin de collaborer. La nature est connue pour son manque de sens de l'organisation.
Les visiteurs, eux, contemplent les images avec émotion avant de sortir leur téléphone pour photographier les photographies. C'est un hommage involontaire au huitième art : reproduire une œuvre en perdant la moitié de sa qualité pour la publier sur un réseau social où elle sera regardée pendant exactement 1,7 seconde. Mais le véritable spectacle commence du côté des stands de matériel. Là, le photographe se transforme en œnologue de la technologie. Il hume un objectif, caresse la bague de mise au point, soupèse un boîtier d'un air inspiré et prononce des phrases que personne d'extérieur ne peut comprendre : « Le micro-contraste est intéressant… mais je trouve le rendu des hautes lumières un peu timide. » Personne n'ose demander ce que cela signifie. D'ailleurs, celui qui vient de le dire ne le sait pas toujours avec certitude.
Puis arrive midi. Étrangement, les débats sur les performances des capteurs s'interrompent instantanément. Il faut croire que le pâté exerce sur le photographe une attraction gravitationnelle supérieure à celle d'un téléobjectif de 600 mm. Autour de la grande tablée, les chefs-d'œuvre changent de nature. Les saucissons jouent les premiers rôles, les quiches rivalisent de composition, les salades apportent la touche de couleur, tandis que les bouteilles de vin, le punch et la sangria assurent une balance des blancs de plus en plus… chaleureuse. Les photographes, qui passent l'année à traquer la lumière idéale, découvrent soudain qu'une tranche de pâté disparaît beaucoup plus vite qu'un rayon de soleil. C'est l'un des rares phénomènes que même les plus grands spécialistes n'ont jamais réussi à immortaliser : une table pleine à midi, vide à treize heures. Les conversations, elles aussi, évoluent. On commence par comparer les performances d'un objectif puis l'on conclut, avec une assurance grandissante, que Cartier-Bresson aurait certainement apprécié le saucisson artisanal. Aucun historien de la photographie n'a jamais confirmé cette hypothèse, mais personne n'a jamais osé la contredire. Mais les meilleurs souvenirs de cette journée ne sont pas toujours accrochés aux panneaux. Ils se fabriquent souvent autour d'une table, un verre levé, une tranche de saucisson à la main et un éclat de rire en guise de signature. Alors venez à la Journée de la Photo.

Merci à ChatGPT